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Les risques liés aux ambiances thermiques (Refonte été 2026)

Les risques liés aux ambiances thermiques (Refonte été 2026)

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FICHE DOCUMENTAIRE N°12

Les agents territoriaux peuvent être exposés à des conditions thermiques très différentes selon leur activité et leur environnement de travail.

Travail en extérieur, interventions sur la voie publique, espaces verts, voirie, bâtiments, écoles, crèches, ateliers, cuisines, locaux techniques ou bureaux peuvent présenter des conditions de température inconfortables ou dangereuses.

Le risque peut être lié à une température élevée ou basse, mais également à l'humidité, au rayonnement solaire, au vent, aux variations de température ou à l'alternance entre différents environnements thermiques.

Les agents dits « nomades », qui se déplacent entre plusieurs sites ou alternent travail intérieur et extérieur, peuvent être particulièrement concernés.
Une ambiance thermique inadaptée peut provoquer des atteintes à la santé, mais également diminuer la vigilance, augmenter la fatigue et favoriser la survenue d'accidents.

La prévention consiste donc à adapter l'organisation, les équipements et les conditions de travail aux conditions météorologiques et aux caractéristiques des locaux.

 

Définition

L'ambiance thermique correspond aux conditions de température auxquelles une personne est exposée dans son environnement de travail.

Elle dépend notamment :

  • de la température de l'air ;
  • de l'humidité ;
  • de la vitesse de l'air ;
  • du rayonnement thermique ;
  • de l'activité physique réalisée ;
  • des vêtements portés ;
  • de la durée d'exposition.

Deux situations principales peuvent être distinguées :

  • l'exposition à la chaleur, pouvant conduire à une déshydratation, un épuisement ou un coup de chaleur ;
  • l'exposition au froid, pouvant provoquer une diminution de la dextérité, une fatigue importante, une hypothermie ou des engelures.

Il n'existe pas une température unique permettant de déterminer à elle seule l'existence d'un risque. L'activité réalisée et les conditions réelles d'exposition doivent être prises en compte.

Comprendre le risque

Le corps humain doit maintenir une température interne relativement constante.

Lorsqu'il fait chaud, l'organisme doit évacuer la chaleur produite par le corps et celle provenant de l'environnement. Lorsqu'il fait froid, il doit au contraire limiter les pertes de chaleur.

Lorsque les capacités d'adaptation de l'organisme sont dépassées, des troubles peuvent apparaître.

En cas de chaleur

Le risque est notamment augmenté par :

  • une température élevée ;
  • une forte humidité ;
  • l'exposition directe au soleil ;
  • une activité physique intense ;
  • le port de vêtements ou EPI limitant l'évacuation de la chaleur ;
  • une mauvaise ventilation ;
  • un travail à proximité d'une source de chaleur ;
  • une hydratation insuffisante.

 

En cas de froid

Le risque est notamment augmenté par :

  • une température basse ;
  • le vent ;
  • l'humidité ;
  • des vêtements insuffisamment adaptés ;
  • un contact avec des surfaces ou matériaux froids ;
  • une activité statique ;
  • une exposition prolongée ;
  • la difficulté à accéder à un local chauffé.

Le froid peut également provoquer une diminution de la sensibilité et de la dextérité, ce qui peut rendre certaines tâches plus difficiles et augmenter le risque d'accident.

Activités concernées dans les collectivités territoriales

Les risques liés aux ambiances thermiques peuvent concerner de nombreux services.

Travail en extérieur

  • services espaces verts ;
  • voirie ;
  • propreté urbaine ;
  • collecte des déchets ;
  • travaux publics ;
  • police municipale ;
  • agents d'entretien des espaces extérieurs ;
  • agents techniques ;
  • agents intervenant sur les marchés et manifestations ;
  • agents chargés de l'entretien des équipements sportifs.

Travail en intérieur

  • bureaux administratifs ;
  • écoles et accueils périscolaires ;
  • crèches ;
  • bibliothèques ;
  • équipements sportifs et culturels ;
  • ateliers municipaux ;
  • garages ;
  • locaux techniques ;
  • cuisines et restauration collective ;
  • locaux de stockage.

Agents « nomades »

Certains agents alternent fréquemment entre différents environnements :

  • agents de maintenance ;
  • responsables ou agents techniques ;
  • agents intervenant sur plusieurs bâtiments ;
  • agents d'entretien ;
  • agents de terrain ;
  • agents chargés de contrôles ou de visites ;
  • agents amenés à effectuer régulièrement des déplacements professionnels.

Ces agents peuvent passer au cours d'une même journée d'un bureau climatisé à un véhicule chaud, puis à un chantier extérieur exposé au soleil, avec des changements rapides de température.

Situations rencontrées

Ce risque peut notamment survenir lors des activités :

Lors des périodes de fortes chaleurs

  • travail prolongé au soleil ;
  • travaux physiques en extérieur ;
  • entretien des espaces verts ;
  • travaux de voirie ;
  • collecte des déchets ;
  • interventions sur les marchés ou manifestations ;
  • travail dans un véhicule exposé au soleil ;
  • travail dans un atelier ou garage mal ventilé ;
  • intervention dans des locaux sans système de rafraîchissement ;
  • activité physique importante avec des vêtements de travail ou EPI limitant l'évacuation de la chaleur.

Dans les bâtiments

  • bureaux surchauffés ;
  • salles de classe exposées au soleil ;
  • locaux situés sous toiture ;
  • absence ou insuffisance de ventilation ;
  • fenêtres exposées directement au rayonnement solaire ;
  • équipements produisant de la chaleur ;
  • locaux techniques ou ateliers particulièrement chauds.

Les bâtiments anciens ou mal isolés peuvent être particulièrement sensibles aux épisodes de chaleur.

Dans les cuisines

Les agents de restauration peuvent être exposés à une combinaison de :

  • température élevée ;
  • vapeur ;
  • humidité ;
  • chaleur produite par les équipements ;
  • activité physique ;
  • port de vêtements professionnels.

Lors des périodes froides

  • travail prolongé à l'extérieur ;
  • interventions hivernales ;
  • déneigement ;
  • travaux de voirie ;
  • surveillance ou entretien d'équipements extérieurs ;
  • travail dans des locaux insuffisamment chauffés ;
  • interventions dans des bâtiments non chauffés ;
  • déplacements fréquents entre différents sites.

Dans les véhicules

Les véhicules peuvent devenir particulièrement chauds lorsqu'ils sont stationnés au soleil.

Les agents peuvent également être exposés à des changements rapides de température entre :

  • l'extérieur ;
  • l'habitacle du véhicule ;
  • les bâtiments ;
  • les ateliers ou locaux techniques.

Lors des manifestations

Les agents peuvent être exposés pendant plusieurs heures à des conditions météorologiques défavorables :

  • forte chaleur ;
  • soleil ;
  • froid ;
  • pluie ;
  • vent ;
  • humidité.

Les phases d'installation et de démontage du matériel peuvent également être particulièrement physiques.

Conséquences possibles

En cas de chaleur

L'exposition à une forte chaleur peut provoquer :

  • fatigue importante ;
  • maux de tête ;
  • vertiges ;
  • nausées ;
  • crampes musculaires ;
  • déshydratation ;
  • malaise ;
  • troubles de la vigilance ;
  • épuisement dû à la chaleur ;
  • coup de chaleur, pouvant constituer une urgence médicale.

La chaleur peut également entraîner une baisse de la vigilance et des capacités physiques, augmentant le risque d'accident.

En cas de froid

L'exposition au froid peut entraîner :

  • engourdissement ;
  • diminution de la dextérité ;
  • fatigue ;
  • douleurs ;
  • frissons ;
  • hypothermie ;
  • engelures ;
  • aggravation de certaines pathologies.

Le froid peut également diminuer les capacités de concentration et rendre certaines opérations manuelles plus difficiles.

Conséquences sur la sécurité

Les ambiances thermiques peuvent indirectement augmenter le risque d'accident :

  • baisse de vigilance ;
  • diminution de la précision des gestes ;
  • fatigue ;
  • ralentissement des réactions ;
  • difficultés à manipuler certains équipements ;
  • malaise pendant une activité physique ;
  • diminution des capacités de décision.

Cadre réglementaire

Le Code du travail prévoit que les locaux et postes de travail doivent être aménagés de manière à permettre l'adaptation de la température à l'organisme humain pendant le temps de travail.

L'employeur doit également prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, en tenant compte notamment des conditions de travail et des facteurs environnementaux.

La prévention des ambiances thermiques doit ainsi être intégrée à l'évaluation des risques professionnels.

Il n'existe pas, pour les situations générales de travail, une température réglementaire unique déclenchant automatiquement l'arrêt du travail en cas de chaleur. L'évaluation doit prendre en compte les conditions réelles d'exposition : température, humidité, activité physique, durée d'exposition, vêtements, possibilités de récupération, etc.

Depuis le renforcement du cadre réglementaire relatif à la prévention du risque lié aux épisodes de chaleur intense, l'employeur doit notamment prendre en compte les situations météorologiques et mettre en œuvre des mesures de prévention adaptées lorsque les conditions deviennent dangereuses.

Pour les collectivités territoriales, ces dispositions s'articulent avec les obligations de santé et sécurité applicables dans la fonction publique territoriale, notamment celles prévues par le décret n°85-603 du 10 juin 1985.

Mesures de prévention

La prévention doit être adaptée à la situation réelle de travail et anticipée lorsque des conditions météorologiques particulières sont annoncées.

Organiser le travail

En période de forte chaleur :

  • adapter les horaires lorsque cela est possible ;
  • privilégier les travaux physiques aux périodes les moins chaudes ;
  • limiter les travaux exposés au soleil aux heures les plus chaudes ;
  • prévoir des pauses régulières ;
  • organiser des temps de récupération dans des zones adaptées ;
  • limiter la durée d'exposition ;
  • adapter les effectifs et l'organisation lorsque cela est nécessaire ;
  • éviter de laisser un agent travailler seul lorsqu'une situation présente un risque particulier.

En période de froid :

  • prévoir des pauses dans des locaux chauffés ;
  • adapter les horaires lorsque cela est possible ;
  • limiter la durée d'exposition ;
  • organiser une alternance entre tâches exposées et tâches moins exposées ;
  • prévoir des moyens permettant aux agents de se réchauffer.

Prévenir le risque lié à la chaleur

  • mettre de l'eau potable fraîche à disposition ;
  • permettre aux agents de boire régulièrement ;
  • prévoir des zones ombragées ou rafraîchies ;
  • limiter l'exposition directe au soleil ;
  • favoriser les vêtements adaptés ;
  • adapter les EPI lorsque cela est compatible avec la sécurité ;
  • assurer une ventilation efficace des locaux ;
  • utiliser des protections solaires adaptées ;
  • surveiller les agents exposés lors des épisodes de forte chaleur.

L'hydratation doit être facilitée tout au long de la journée et non uniquement lorsque l'agent ressent la soif.

Prévenir le risque lié au froid

  • fournir des vêtements adaptés aux conditions météorologiques ;
  • protéger les extrémités : mains, pieds, tête ;
  • prévoir des vêtements permettant de rester au sec ;
  • mettre à disposition un lieu chauffé pour les pauses ;
  • protéger les agents du vent et des intempéries ;
  • adapter les tâches lorsque le froid devient important ;
  • éviter autant que possible les situations de travail statique prolongé dans le froid.

Adapter les locaux

Pour limiter la chaleur :

  • protéger les surfaces vitrées du rayonnement solaire ;
  • utiliser des stores ou protections solaires ;
  • favoriser la ventilation lorsque les conditions extérieures le permettent ;
  • maintenir les équipements de ventilation et de climatisation en bon état ;
  • limiter les sources de chaleur inutiles ;
  • organiser les postes de travail pour réduire l'exposition directe au soleil ;
  • prévoir des espaces permettant aux agents de récupérer dans des conditions thermiques adaptées.

En période froide :

  • maintenir les systèmes de chauffage en bon état ;
  • éviter les courants d'air excessifs ;
  • limiter les infiltrations d'air ;
  • prévoir des espaces suffisamment chauffés pour les pauses.

Prendre en compte les agents « nomades »

Pour les agents se déplaçant entre plusieurs sites :

  • anticiper les conditions météorologiques ;
  • adapter les horaires de déplacement et d'intervention ;
  • prévoir de l'eau lors des déplacements en période chaude ;
  • permettre des pauses dans des lieux adaptés ;
  • éviter de laisser du matériel ou des produits sensibles à la chaleur dans les véhicules ;
  • assurer le bon fonctionnement de la ventilation ou de la climatisation des véhicules ;
  • prévoir des vêtements adaptés aux différentes conditions ;
  • organiser les tournées afin de limiter les expositions prolongées.

Adapter les EPI et vêtements de travail

Les vêtements professionnels et EPI peuvent augmenter la contrainte thermique, notamment lorsqu'ils sont :

  • épais ;
  • imperméables ;
  • peu respirants ;
  • particulièrement couvrants.

Il convient donc de rechercher, lorsque cela est compatible avec le niveau de protection nécessaire, des équipements adaptés aux conditions thermiques.

La protection contre un risque ne doit cependant jamais être supprimée au seul motif qu'elle augmente l'inconfort thermique. Il faut rechercher une solution permettant de maintenir le niveau de sécurité tout en limitant la contrainte thermique.

Informer et sensibiliser les agents

Les agents doivent connaître :

  • les signes d'alerte liés à la chaleur et au froid ;
  • les mesures d'hydratation et de récupération ;
  • les comportements à adopter ;
  • les consignes particulières en cas d'épisode de chaleur intense ou de grand froid ;
  • les modalités de signalement d'une situation dangereuse ;
  • les conduites à tenir en cas de malaise.

Une attention particulière doit être portée aux nouveaux agents et aux agents amenés à changer régulièrement de poste ou de site.

Signes d'alerte

Face à une forte chaleur

Un agent présentant :

  • une confusion ;
  • un comportement inhabituel ;
  • des troubles importants de la vigilance ;
  • un malaise ;
  • une température corporelle très élevée ;
  • une perte de connaissance ;

doit être considéré comme pouvant présenter une situation grave.

Il faut interrompre l'exposition, mettre la personne dans un endroit frais, la rafraîchir et déclencher la prise en charge adaptée.

Face au froid

Une attention particulière doit être portée à :

  • des frissons importants ;
  • une grande fatigue ;
  • une confusion ;
  • une perte de sensibilité ;
  • une diminution importante de la dextérité ;
  • un comportement inhabituel ;
  • une perte de connaissance.

L'exposition doit être interrompue et la personne doit être mise à l'abri du froid.

A retenir !

Les ambiances thermiques font partie des conditions de travail à prendre en compte dans toutes les collectivités.
Le risque peut concerner aussi bien l'agent travaillant plusieurs heures en plein soleil que celui travaillant dans un bureau surchauffé, une cuisine, un atelier ou un bâtiment mal chauffé.
Les agents « nomades » sont également particulièrement concernés en raison de l'alternance entre différents environnements.
À retenir : on ne travaille pas de la même manière à 5 °C, à 25 °C ou à 35 °C. Les conditions de travail doivent s'adapter aux conditions thermiques.
La prévention repose principalement sur :
• anticiper les conditions météorologiques ;
• adapter les horaires et l'organisation ;
• limiter la durée d'exposition ;
• permettre l'hydratation et les pauses ;
• adapter les vêtements et EPI ;
• aménager les locaux et les véhicules ;
• informer les agents sur les signes d'alerte.
Lorsque la température devient un risque, c'est l'organisation du travail qui doit s'adapter — pas seulement l'agent.

Cette fiche a une vocation exclusivement documentaire. Les informations présentées permettent de mieux comprendre cette famille de risque mais ne se substituent pas à l'évaluation des risques professionnels propre à chaque collectivité, réalisée dans le cadre de sa démarche de prévention.